Bailleul – Maison de ville

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Lundi 2 juillet 2018

Bailleul conserve de son passé une atmosphère de vieille ville prospère flamande. En remontant la rue de la gare puis la rue Émile Hié, on sent le rythme monter au fur et à mesure de l’arrivée vers le centre.
Le travail des façades s’enrichit au même rythme que la topographie.
Puis, on arrive à un moment de respiration, un jardin public et ses grands arbres cassent un rang de maison, et, presque face à lui, s’élève une petite maison.
Sa vitrine démesurée lui confère une béance qui ne sied pas avec l’usage domestique, un grand rideau empêche la vue de passer, comme si le commerce était toujours fermé.
Des carreaux de carrelage, restes de la cour offrent une assise plus confortable aux lycéens tout proches, repoussant jusqu’aux derniers tintements de la sonnerie leur entrée.

C’est le 30.
L’entrée se fait par un sas. L’étrangeté d’un couloir alors que la vitrine nous annonce une grande pièce agit comme une soupape, acoustique ? Pas tellement.
Puis la pièce. Pas trop grande puisque les meubles sont disposés de ci de là, en attente d’un usage défini. Une grande arche sépare la pièce en deux, rompant la continuité depuis la façade.

La pénombre amenée par le grand rideau pousse notre regard à l’opposé, une porte vitrée de carreaux colorés étincelle. C’est la cour. Malgré la faible largeur de la maison, une cour s’élance sur deux tiers de sa longueur.

En restant dans les murs, on progresse le long d’une remise, d’une première cuisine dans laquelle débouche l’escalier (fermé par une porte – deux mondes cohabitent).
Puis une seconde cuisine. Puis la salle de bains. Puis les toilettes. Toute cette enfilade, étroite, toujours éclairée par la lumière éclatante reflétée par le blanc habillant les briques de la cour.

Une série de trois fenêtres aux meneaux très fins offrent un caractère à la fois industriel et mystérieux à la cour. En effet, elles sont closes comme si elles avaient été rebouchées à la va vite.

De cette cour, on aperçoit les fenêtres de l’étage. Il forme un L, s’enroulant autour de la cour, mais pas jusqu’au bout. Lui conférant une atmosphère sereine, protégée mais avec assez d’ouverture de ciel pour bénéficier, malgré l’étroitesse, d’un peu de rayonnement direct.

Pour regagner la porte de l’escalier menant à l’étage on peut emprunter plusieurs chemins, les portes et fenêtres rythmant la façade sont autant de porosités entre cour et maison. Autant de fenêtres sur cour.

Arrivés sur le palier de l’étage, deux portes donnent accès aux deux chambres de la maison en tant que telle. L’une, face à nous, habite toute la largeur de la maison sur la façade avant et possède deux fenêtres. On peut entendre distinctement les lycéens arrivés pour patienter en attendant la sonnerie marquant l’heure suivante. L’autre à notre droite est plus carrée, elle ne possède qu’une fenêtre – sur la cour !- et est traversée par une gaine de cheminée.

Puis une porte s’ouvre sur une petite pièce à rebrousse chemin de l’escalier. On longe la cour une nouvelle fois, une nouvelle fois nous découvrons une autre pièce. Ces deux pièces commandées constituent également l’identité de la maison; étroite et continue; lumineuse et mystérieuse.

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Vendredi 3 mai 2019

En remontant la rue Émile Hié, une série de maisons se succède, chacune différente mais dans des teintes similaires.

La façade du 30 ne rompt pas cette harmonie, un large cadre au rez-de-chaussée est paré de briques blanches lisses, empilées, pour signifier un remplissage. Des touches de vert émaillé viennent scintiller et réhausser l’ensemble. Deux grands châssis s’adressent sur rue. Un chassis fixe et la porte, vitrée.

En franchissant la porte, la façade vitrée se retourne et créé un sas. Nous avons une vision de la largeur de la maison dès l’entrée puis, face à nous, un meuble vestiaire, un banc et un fenêtre créent le filtre avec le séjour.

L’entrée dans le séjour se fait latéralement, et non plus dans l’axe comme auparavant, une fenêtre permet de garder un contact visuel.

En entrant dans le séjour notre regard parcourt à 180° l’espace. De la fenêtre fixe de la façade, sur notre gauche, le regard embrasse tout le séjour puis s’arrête sur le couloir, longue circulation largement baignée de lumière, aux reflets colorés.

Une harmonie de teintes et de matières se dégage immédiatement du lieu. Sur une dalle de béton lissée, claire, divers éléments de bois agrémentent et organisent l’espace. Les chassis verts de la façade restent en bois à l’intérieur. La cloison entre le sas et le séjour est en bois, avec des montants rythmés, puis des vitrages. Des bancs ponctuent l’espace et permettent d’y loger des rangements ou d’intégrer les radiateurs.

Après avoir franchi le séjour, nous entrons dans la séquence longitudinale. Celle-ci, à la manière d’un bateau, nous emmène dans une succesion d’alcôves, ayant leur propre identité, et directement ouvertes sur le paysage de la cour.

En franchissant la porte vers le couloir, nous parvenons dans la cuisine où un meuble bar s’implante. Dans le couloir, deux – trois tabourets hauts se glissent sous le bar tandis qu’un repas est en train de mijoter sur le feu. Les fenêtres face au bar sont largement ouvertes sur la cour ce qui amène de la fraicheur puisqu’elle est largement plantée.

Dans le couloir, les proportions sont étirées, il n’est pas très large mais assez haut. Pour parvenir aux alcôves qui se succèdent, nous montons une marche tandis que le plafond descend lui aussi. On se retrouve dans un espace à la fois défini mais également en continuité avec cour et couloir.

Alors que l’alcôve de la cuisine (qui permet de monter à l’étage) était carrelée dans des teintes assez claires et neutres, la séquence suivante est plus colorée, dans un bleu d’eau très pastel, c’est celle de la buanderie et des sanitaires. Un large panneau coulissant permet de l’intimiser sans empiéter dans le couloir.

Enfin, on parvient dans la dernière alcôve, celle de la salle de bains. On entre dans un grand espace, carrelé de vert d’eau, contenant lui-même une alcôve, c’est la salle de douche.

Cette succession de pièces, activées par le couloir dont la dalle de béton quartzé est en continuité avec la cour offre un dialogue retrouvé entre pièces d’usage et cour. C’est une maison vivante, dynamique où les usages se côtoient et les lieux se transforment au fil de la journée.

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En arrivant à l’étage, nous sommes attirés par une lumière chaude qui inonde le palier. En grimpant la dernière marche nous parvenons sur un large palier qui accueille un bureau chaleureux, avec vue directe sur la cour végétalisée. Ce bureau invite à rester, à travailler, à prendre le temps.

Du palier, deux portes fermées nous intriguent. En poussant la porte face à nous en haut de l’escalier, une grande chambre occupe toute la largeur de la maison. Des meubles, simples, occupent le volume. Une porte à l’intérieur de la chambre mène à un dressing, luxe suprème permettant de dégager la chambre de tout rangement.

De l’autre côté de la maison, l’autre porte mène à une petite pièce. Dans les coins, elle accueille des rangements ainsi qu’une petite douche. Un lavabo permet également de ne pas redescendre pour se laver les mains. Le reste est occupé par des rangements.

Enfin, on parvient dans une chambre, double pouvant accueillir amis ou famille. Tout en conservant une certaine intimité -les chambres étant distantes-, la petite maison offre un nouveau cadre de vie profitant des qualités en place : l’enroulement autour de la cour et l’organisation tout en longueur.

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